
Dans la vie de l’Église catholique, il n’est pas toujours simple de savoir comment nommer correctement un ministre ordonné. Faut‑il dire « Père », « Monsieur l’abbé », « Monseigneur », « Monsieur le diacre » ? Pour un diacre, la question est d’autant plus sensible que son ministère se situe à la frontière entre les fidèles laïcs et les prêtres. Si vous préparez un baptême, un mariage, un temps de catéchèse ou que vous voulez simplement écrire à un diacre, bien nommer ce ministre manifeste à la fois respect, compréhension de sa mission et sens de la tradition de l’Église.
Ce choix de vocabulaire n’est pas un simple détail de politesse. Il touche à l’identité du diacre, à sa place dans la hiérarchie, et à la manière dont le peuple de Dieu comprend le service de la charité, de la Parole et de la liturgie. Savoir comment appeler un diacre dans l’Église aide aussi à mieux situer prêtres, évêques et laïcs, et à percevoir la cohérence du sacrement de l’Ordre dans toutes ses dimensions.
Définition canonique du diacre : ministres ordonnés du premier degré dans l’église catholique
Statut du diacre dans la hiérarchie : distinction entre évêque, prêtre et diacre selon le code de droit canonique
Dans la tradition catholique, le diacre est un ministre ordonné. Le Code de droit canonique (can. 1008‑1009) rappelle que le sacrement de l’Ordre comprend trois degrés : diaconat, presbytérat et épiscopat. Le diacre appartient donc pleinement au clergé, même s’il garde bien souvent un métier civil et une vie familiale. Là où le prêtre est configuré au Christ Tête pour présider l’Eucharistie, le diacre est configuré au Christ serviteur, signe du service dans le peuple de Dieu.
Concrètement, un évêque a reçu successivement les trois degrés, un prêtre a été d’abord diacre puis prêtre, alors qu’un diacre permanent reste au premier degré du sacrement de l’Ordre. Cette hiérarchie ne signifie pas une différence de dignité, mais une différence de mission : l’évêque gouverne le diocèse, le prêtre préside la communauté, le diacre manifeste le lien entre l’autel et les pauvres, entre liturgie et charité. C’est ce statut qui justifie les appellations spécifiques comme « Monsieur le diacre » ou « Révérend diacre ».
Diacre permanent et diacre transitoire : vocations distinctes au service de l’église diocésaine
La tradition latine distingue deux profils : le diacre permanent et le diacre en vue du presbytérat (ou diacre « transitoire »). Le diacre transitoire est un séminariste ordonné environ un an avant la prêtrise, pour signifier que tout prêtre est d’abord serviteur. Le diacre permanent, lui, est ordonné pour toute sa vie à ce degré, souvent marié, exerçant un métier et ancré dans la vie ordinaire du monde. Dans de nombreux diocèses francophones, la formation au diaconat permanent s’étale sur quatre à six ans, en parallèle de la vie professionnelle.
Dans le langage courant, on parlera parfois de « diacre permanent » pour le distinguer d’un prêtre ou d’un séminariste, mais le titre propre reste simplement « diacre ». Le document national sur le diaconat permanent en France insiste sur cette dimension : l’appellation reflète une vocation spécifique, non une étape incomplète vers la prêtrise. La nuance est importante, surtout si vous accompagnez quelqu’un dans un discernement vocationnel.
Terminologie officielle : « révérend diacre », « mon révérend », « monsieur le diacre » dans les usages francophones
Sur le plan formel, la dénomination complète d’un diacre dans de nombreux pays francophones est « Révérend diacre ». Dans la correspondance officielle, on trouve des formules comme : Révérend Diacre Jean Dupont, ou parfois R.D. Jean Dupont en abréviation. Lorsqu’il s’agit de s’adresser à lui de vive voix, l’usage pastoral a simplifié ces titres en « Monsieur le diacre », voire simplement « Diacre Jean » ou « Jean, diacre » quand le contexte liturgique est clair.
La forme « Mon Révérend » est plus rare aujourd’hui dans la langue courante mais peut encore apparaître dans certains milieux, notamment dans des correspondances très formelles. Dans la vie paroissiale, la combinaison du prénom et du titre est privilégiée, car elle exprime à la fois proximité fraternelle et respect ecclésial. Si vous hésitez entre plusieurs formes, « Monsieur le diacre » reste une appellation sûre, respectueuse et compréhensible de tous.
Usage liturgique du titre « diacre » dans le missel romain et les rituels d’ordination
Dans le Missel romain et les rituels d’ordination, la terminologie est très précise. Le mot diacre apparaît sans autre titre honorifique pour indiquer la fonction liturgique : « Le diacre proclame l’Évangile », « Le diacre prépare l’autel », « Le diacre invite au geste de paix ». Cette sobriété souligne que le titre le plus juste est en réalité le mot même de « diacre », enraciné dans l’Écriture et la Tradition. Lors du rite d’ordination, l’évêque appelle l’« ordinand au diaconat » par son nom et le présente comme « diacre » dès l’instant où l’ordination est accomplie.
Dans les formules de la liturgie, le diacre ne reçoit pas de titre de présidence de la communauté : il assiste l’évêque ou le prêtre et manifeste la dimension de service. Ce choix de vocabulaire protège une compréhension juste de la hiérarchie sacramentelle : le diacre ne remplace pas le curé, il le seconde et ouvre l’assemblée à la mission vers les périphéries, les pauvres, les éloignés.
Formules d’adresse d’un diacre : usages liturgiques, pastoraux et épistolaires
Comment s’adresser à un diacre pendant la messe : dialogue liturgique, proclamation de l’évangile et oraison universelle
Pendant la messe, la manière d’appeler un diacre est encadrée par le missel. Le prêtre s’adresse à lui simplement comme au « diacre ». Par exemple, avant l’Évangile, le célébrant dit : « Le Seigneur soit dans ton cœur et sur tes lèvres, pour que tu annonces dignement son Évangile ». Le diacre ne répond pas par un titre, mais par un Amen. Pour vous, fidèle, la formule la plus naturelle est « Monsieur le diacre » si vous lui parlez avant ou après la célébration, ou simplement « Diacre [prénom] » si l’usage local le permet.
Dans l’animation liturgique, le diacre est souvent nommé sur la feuille de messe : « Présidence : Père X – Prédication : Monsieur le diacre Y ». Ce type de présentation aide l’assemblée à identifier qui fait quoi et à comprendre que le diacre n’est ni un prêtre suppléant, ni un laïc comme les autres, mais un clerc du degré du diaconat chargé d’un service propre.
Formules de salutation dans la vie paroissiale : catéchèse, funérailles, mariages et baptêmes
Dans la vie courante d’une paroisse, comment dire bonjour à un diacre ? La plupart des diocèses recommandent une formule simple : « Bonjour Monsieur le diacre » ou « Bonjour [prénom], merci pour ta présence comme diacre ». Lors d’une préparation de mariage ou de baptême, la présentation aux familles peut prendre la forme : « Voici N., il est diacre permanent dans la paroisse, il célébrera votre mariage ». Cette clarté aide beaucoup des personnes peu familiarisées avec l’Église.
Aux funérailles, quand l’émotion est forte, une formule sobre et respectueuse est toujours la meilleure option. Si vous intervenez publiquement (remerciements, témoignage), vous pouvez dire : « Merci à Monsieur le diacre pour cette célébration ». Ce type d’appellation garde le lien avec la fonction liturgique sans alourdir le propos.
Règles de politesse ecclésiale : « cher diacre », « cher frère », titres et signatures dans les courriers officiels
Pour un courrier, les usages ecclésiaux se rapprochent des codes classiques, en ajoutant la référence au ministère ordonné. En tête de lettre, l’adresse pourra être : À Monsieur le diacre Pierre Martin. En formule d’appel, plusieurs options sont possibles selon le degré de proximité :
- « Monsieur le diacre, » pour une lettre formelle ou administrative,
- « Cher Diacre, » si vous écrivez au nom d’un service paroissial,
- « Cher Frère, » si vous êtes vous‑même ministre ordonné ou consacré.
La signature d’un diacre porte souvent la mention post‑nominale d. ou diacre : « Jean Dupont, diacre permanent ». Cette signature rappelle son état clérical sans multiplier les honneurs. D’un point de vue pastoral, un style simple et clair favorise la compréhension de tous, y compris de ceux qui découvrent la vie de l’Église à l’occasion d’un sacrement.
Spécificités de vocabulaire dans les différents diocèses francophones (paris, lyon, montréal, bruxelles)
Les usages locaux jouent un rôle non négligeable. À Paris ou Lyon, les sites diocésains présentent généralement les diacres comme « diacres permanents », en les listant dans les équipes pastorales au même titre que les prêtres et les laïcs en mission. À Bruxelles, l’appellation « diacre » est souvent collée au prénom : « diacre Michel X », soulignant la proximité du ministère avec la vie ordinaire. Dans plusieurs diocèses canadiens comme Montréal, la culture nord‑américaine favorise la simplicité : on parle très naturellement de « diacre N. » en contexte paroissial.
Ces variations n’enlèvent rien au fond canonique : partout, le diacre reste un ministre ordonné du premier degré. Si vous changez de pays ou de diocèse, le meilleur réflexe consiste à écouter comment les fidèles nomment spontanément les diacres, et à s’aligner sur cet usage local, en gardant la règle de base : ne jamais employer « Père » pour un diacre, ce titre étant réservé aux prêtres (sauf coutumes orientales spécifiques, présentées plus loin).
Noms, titres et fonctions : comment l’église désigne le diacre dans les textes officiels
Terminologie dans le catéchisme de l’église catholique : diaconat, ministère ordonné, triple mission de service
Le Catéchisme de l’Église catholique emploie un vocabulaire très stable. Il parle du diaconat comme du « degré inférieur de la hiérarchie », lié au ministère ordonné et orienté à un triple service : service de la Parole, du culte divin et de la charité. Le terme le plus fréquent est simplement « les diacres », sans autre adjectif, ce qui souligne que le mot lui‑même porte déjà une charge théologique forte. Chaque fois que le catéchisme évoque la liturgie ou la mission de l’Église, les diacres apparaissent comme un rappel permanent du caractère « diaconal » de toute la communauté.
Pour vous qui cherchez comment nommer un diacre, ce repère est précieux : utiliser le mot « diacre » n’est pas seulement une convention administrative mais une manière d’entrer dans la logique du catéchisme : nommer, c’est reconnaître une vocation au service, enracinée dans le Christ serviteur et appelée à rayonner dans la vie ordinaire des baptisés.
Mentions du diacre dans le code de droit canonique (can. 1008‑1009, 1031‑1039) et leurs implications pratiques
Les canons 1031‑1039 précisent les conditions pour accéder au diaconat : âge minimum (25 ans pour un célibataire, 35 ans pour un homme marié), consentement de l’épouse, temps de formation, période de probation. Dans le langage juridique, le candidat est nommé « candidat au diaconat permanent » avant l’ordination, puis « diacre » dès la réception du sacrement. Le mot « clerc » est également employé : le diacre devient clerc du degré du diaconat, avec les droits et devoirs afférents (prière de la Liturgie des Heures, obéissance à l’évêque, style de vie conforme à l’Évangile).
Ces textes ont des conséquences très concrètes sur la manière d’appeler un diacre : un candidat n’est pas encore « diacre » mais « candidat au diaconat » ou « ordinand » au moment de la célébration. Dès que l’évêque a prononcé la prière d’ordination, l’Église entière reçoit ce nouveau ministre sous ce nom : diacre. Employer ce vocabulaire respecte la logique sacramentelle : un changement d’état s’est produit, qui mérite un nom nouveau.
Vocabulaire des rituels : « ordinand au diaconat », « candidat au diaconat permanent », « clerc du degré du diaconat »
Les rituels d’ordination et les guides pastoraux utilisent un lexique technique qui peut surprendre. Avant l’ordination, on parle d’« ordinand au diaconat », parfois de « candidat au diaconat permanent ». Cette terminologie évite toute confusion avec un diacre déjà ordonné. Après l’imposition des mains et la prière consécratoire, les textes liturgiques ne parlent plus que du « diacre ». Dans certains commentaires canoniques, le diacre est défini comme clerc du degré du diaconat, manière de rappeler qu’il n’est plus laïc, même s’il garde une forte insertion dans le monde professionnel et familial.
Si vous préparez une page internet paroissiale ou un livret d’ordination, ces nuances de vocabulaire peuvent être précieuses. Un bon usage consiste, par exemple, à présenter les futurs ordonnés comme « candidats au diaconat permanent » quelques mois avant la date, puis à changer la mention en « diacre permanent » le lendemain de l’ordination. Les mots accompagnent ainsi le cheminement vocationnel.
Désignation dans les annuaires diocésains : abréviations, mentions post‑nominales, charge pastorale (paroisse, aumônerie, services diocésains)
Les annuaires diocésains et les sites officiels adoptent souvent une présentation standardisée, utile si vous cherchez à contacter un diacre. On y trouve :
- le prénom et le nom, suivis de la mention
d.oudiacre, - la spécification « diacre permanent » si l’évêque le juge opportun,
- la charge pastorale : paroisse, aumônerie, service diocésain, pastorale spécialisée.
Cette mise en forme rappelle que la première manière de nommer un diacre passe par sa mission concrète : aumônier d’hôpital, responsable de la pastorale des funérailles, membre d’un service diocésain de la charité, etc. Les titres honorifiques passent au second plan, derrière le service ecclésial effectivement confié par l’évêque. Dans la pratique, c’est souvent par sa mission que vous l’identifierez : « le diacre qui s’occupe des catéchumènes », « le diacre qui visite les prisonniers », etc.
Différences de dénomination entre diacre, prêtre et évêque dans les traditions latine et orientales
Comparaison des appellations : « père », « monseigneur », « monseigneur l’évêque » et « monsieur le diacre »
Dans le rite latin, la règle de base est claire : le titre « Père » (ou « Monsieur l’abbé ») est réservé au prêtre, tandis que l’évêque est traditionnellement appelé « Monseigneur » ou « Monseigneur l’Évêque ». Le diacre, lui, reçoit plutôt l’appellation « Monsieur le diacre ». Ce choix évite une confusion symbolique : le prêtre représente le Christ Tête dans la présidence eucharistique, tandis que le diacre représente le Christ serviteur, tourné vers le service des pauvres et l’annonce de l’Évangile.
Il peut arriver que des enfants appellent spontanément un diacre « Père » parce qu’ils le voient prêcher ou baptiser. Dans ce cas, beaucoup de diacres prennent le temps d’expliquer la différence, sans rigidité mais avec pédagogie. Un bon réflexe pastoral est de valoriser cette question : elle devient l’occasion d’expliquer la structure du sacrement de l’Ordre et le rôle spécifique de chacun.
Appellations dans les églises orientales catholiques et orthodoxes : « hiérodiacre », « protodiacre », « archidiacre », « père diacre »
Les traditions orientales – catholiques et orthodoxes – enrichissent encore le vocabulaire. On y rencontre des titres comme hiérodiacre (diacre moine), protodiacre (diacre principal d’une cathédrale ou d’un patriarcat) ou archidiacre. Dans ces Églises, il est fréquent d’employer l’expression « père diacre », notamment pour les diacres mariés qui exercent un ministère liturgique stable. Le terme « père » renvoie ici à la paternité spirituelle plus qu’au degré de l’Ordre.
Ces appellations rappellent que le mot « diacre » se décline différemment selon les familles liturgiques. Si vous participez à une liturgie byzantine ou maronite, vous entendrez probablement ces titres spécifiques, qui ne contredisent pas la théologie catholique latine mais reflètent une autre histoire, marquée par des usages impériaux et monastiques anciens.
Influence des langues liturgiques (latin, grec, slavon, arabe) sur la manière de nommer le diacre
Le vocabulaire liturgique est fortement marqué par les langues traditionnelles de l’Église. En grec, diakonos signifie « serviteur » ; en slavon, la racine est la même ; en latin, le mot diaconus a été repris directement. Dans le monde arabe chrétien, on rencontre le terme « shammâs » pour désigner le diacre. Chaque fois que vous assistez à une liturgie en langue ancienne, ces mots rappellent l’origine biblique du ministère : le diacre n’est pas d’abord un dignitaire, mais un serviteur mandaté.
Cette diversité linguistique a une conséquence pastorale : les traductions en français oscillent parfois entre « serviteur » (pour souligner la dimension théologique) et « diacre » (pour désigner le ministre ordonné). Dans la catéchèse, il peut être fécond de repartir de l’étymologie grecque pour expliquer aux enfants et aux adultes que le titre même du diacre est une mission : servir à la manière du Christ.
Exemples concrets : usages à rome, au patriarcat de constantinople, dans l’église maronite et l’église melkite
À Rome, au service du pape, les diacres de la basilique Saint‑Pierre sont généralement désignés par leur simple titre : « le diacre » qui proclame l’Évangile, qui encense, qui chante les litanies. Dans le Patriarcat de Constantinople, la liturgie byzantine met souvent le diacre très en vue, avec des ornements propres et des proclamations fréquentes ; on l’appelle volontiers « père diacre », surtout s’il appartient au clergé attaché au patriarcat.
Dans les Églises maronite et melkite, la pratique varie selon les pays : dans certains contextes, les diacres sont d’abord identifiés par leur fonction paroissiale (catéchèse, chorale, caritas), le titre venant en second. Si vous voyagez dans ces Églises orientales, l’écoute et l’observation restent les meilleurs guides pour vous ajuster à l’usage local, en gardant toujours à l’esprit que le cœur du titre demeure la référence au service.
Références historiques et théologiques expliquant le titre de diacre
Étymologie de « diacre » : du grec « diakonos » (serviteur) aux titres actuels dans l’église catholique
Le mot français « diacre » vient du grec diakonos, qui signifie « serviteur », « celui qui sert à table ». Cette image de la table est précieuse : elle renvoie à la fois à la table de la Parole, à la table de l’Eucharistie et à la table des pauvres. Nommer quelqu’un « diacre » revient donc à affirmer qu’il est, par vocation sacramentelle, homme du seuil, à la jonction entre l’autel et la rue, entre la célébration et la vie quotidienne des plus vulnérables.
Le titre de « diacre » ne désigne pas une promotion honorifique, mais une configuration au Christ qui se ceint d’un linge pour laver les pieds de ses disciples.
Du point de vue théologique, la meilleure manière d’honorer un diacre n’est pas d’ajouter des titres, mais de respecter ce mot simple et exigeant : diacre, serviteur. C’est précisément ce que rappellent les documents récents de l’Église, notamment à l’occasion des 60 ans de la restauration du diaconat permanent.
Les sept diacres des actes des apôtres (étienne, philippe, prochore, nicanor, timon, parménas, nicolas) comme modèles de ministère
Les Actes des Apôtres (Ac 6, 1‑6) présentent l’élection de sept hommes « remplis de l’Esprit Saint et de sagesse » : Étienne, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas. Sans employer encore le terme technique diaconat, le texte montre déjà une répartition des tâches : les apôtres se consacrent à la prière et au service de la Parole, tandis que les sept sont chargés du service des tables, en particulier pour les veuves grecques. La tradition a vu dans ce passage une préfiguration du ministère diaconal.
Ces sept serviteurs restent aujourd’hui des modèles pour les diacres permanents : enracinement biblique, sens de la justice, proximité avec les pauvres, courage missionnaire. Quand vous appelez un homme « diacre », vous l’inscrivez symboliquement dans cette lignée, ce qui donne à ce simple mot une profondeur biblique considérable.
Enseignement de vatican II (lumen gentium, sacrosanctum concilium) sur le rétablissement du diaconat permanent
Pendant près de mille ans, le diaconat permanent avait disparu en Occident, réduit à une simple étape vers la prêtrise. Le concile Vatican II, notamment à travers Lumen gentium et Sacrosanctum concilium, a décidé de restaurer le diaconat permanent comme degré propre et stable du ministère ordonné. Depuis la constitution dogmatique sur l’Église promulguée en 1964, les conférences épiscopales ont progressivement réintroduit des diacres permanents, souvent mariés, dans la vie des diocèses.
Le concile a voulu un diaconat permanent qui rappelle à toute l’Église son identité de servante, au service de Dieu et des hommes, spécialement des plus pauvres.
Cette restauration a aussi réouvert la question des appellations : comment distinguer clairement diacre et prêtre, sans dévaluer l’un ou l’autre ? Les directoires nationaux insistent sur la sobriété : appeler un diacre par son nom de baptême, associé au mot « diacre », manifeste que le sacrement prend racine dans la vocation baptismale et ne l’écrase pas.
Réflexion de théologiens contemporains (yves congar, karl rahner) sur l’identité et le nom du diacre
Des théologiens du XXᵉ siècle ont beaucoup réfléchi à l’identité du diaconat. Plusieurs soulignent que le diacre est un « sacrement de la diaconie de l’Église » : son titre même renvoie à une Église toute entière appelée au service. D’un point de vue pratique, cela signifie que le diacre ne doit pas être vu comme un « sous‑prêtre » ou un « prêtre à temps partiel », mais comme un signe visible du Christ serviteur au cœur des réalités humaines.
De là découle une observation importante : multiplier les appellations honorifiques risquerait de brouiller ce signe. Beaucoup de documents recommandent donc une sobriété lucide : « diacre », « diacre permanent », « Monsieur le diacre ». Cette simplicité de langage reflète une option théologique forte : privilégier la mission sur le prestige, le service sur le rang.
Usages spécifiques en france, en belgique, en suisse et au canada pour nommer un diacre
Pratiques en france : conférence des évêques de france, directoire national pour le diaconat permanent
En France, la Conférence des évêques a publié un directoire national pour le diaconat permanent qui précise à la fois la formation, la mission et la place des diacres. L’un des points d’attention est la visibilité de ce ministère : les diocèses encouragent à présenter les diacres sur les sites internet paroissiaux, dans les feuilles d’informations et lors des célébrations, en les nommant clairement « diacres permanents ». Dans la catéchèse ou la préparation au mariage, les équipes sont invitées à expliquer en quelques mots ce qu’est un diacre et pourquoi il est appelé ainsi.
Dans la vie quotidienne, beaucoup de prêtres et de laïcs utilisent simplement « [prénom], notre diacre ». Cette proximité correspond à la réalité : la plupart des diacres permanents travaillent dans des entreprises, des administrations, des écoles, et partagent les mêmes préoccupations que les familles qu’ils accompagnent. Le titre « diacre » vient alors comme une note discrète, qui rappelle une grâce particulière reçue au service de tous.
Usages en belgique francophone : diocèses de namur, liège, tournai et orientations sur le titre « diacre permanent »
En Belgique francophone, les diocèses de Namur, Liège et Tournai ont, eux aussi, développé des orientations spécifiques pour le diaconat permanent. Dans les documents officiels, l’expression complète « diacre permanent » est plus fréquemment utilisée qu’en France, notamment pour éviter toute ambiguïté avec le diaconat transitoire des séminaristes. Lors de célébrations d’ordinations, les annonces liturgiques parlent clairement de « candidats au diaconat permanent », puis de « nouveaux diacres permanents » après l’ordination.
Dans la vie pastorale, l’usage se rapproche cependant du vocabulaire français : « Monsieur le diacre », « notre diacre », « le diacre qui accompagne les couples ». Si vous êtes en Belgique et que vous préparez un tract ou une affiche, utiliser la mention « diacre permanent » au moins une fois peut aider les personnes à situer ce ministère encore relativement récent dans l’histoire contemporaine de l’Église.
Particularités en suisse romande et au canada (montréal, québec) : influence culturelle sur les formules d’appel
En Suisse romande, la description officielle du diacre catholique insiste sur sa mission de « ministre d’accueil et de service liturgique et caritatif » et précise que l’ordination est reçue « à titre officiel et permanent ». Les centres de formation soulignent que le diacre est un homme du seuil, à la charnière entre l’Église et le monde. Dans ce contexte, beaucoup de communautés adoptent spontanément un langage simple : « le diacre N. », « notre diacre », parfois « diacre [prénom] ».
Au Canada francophone (Montréal, Québec, Chicoutimi, Saint‑Hyacinthe, etc.), l’influence culturelle nord‑américaine se fait sentir. Les sites diocésains présentent souvent les « diacres permanents » avec des témoignages de couples, de veuves de diacres, de responsables de formation. Dans la vie quotidienne, l’appellation « diacre [prénom] » est courante, avec une tonalité fraternelle typique de la culture locale. Si vous venez d’un autre pays francophone, cette simplicité peut surprendre au début, mais elle reflète bien la vocation du diacre : être proche, accessible, au cœur de la société civile.
Cas concrets : présentation des diacres sur les sites des diocèses de paris, lyon, montréal et fribourg
Un rapide tour d’horizon des sites diocésains illustre ces usages. À Paris, la page dédiée au diaconat présente les « diacres permanents » avec photos, prénoms, noms et missions, en les désignant toujours par le terme « diacre ». À Lyon, les ordinations mentionnent les « ordinands au diaconat permanent » avant la célébration, puis les « diacres permanents » une fois ordonnés. À Montréal, plusieurs articles de revues pastorales parlent de « diacres permanents » en soulignant la place des épouses et des familles, tout en utilisant le prénom et le mot « diacre » dans les témoignages.
À Fribourg (Suisse), les centres de formation et les services diocésains emploient la terminologie « diacre permanent en milieu professionnel » ou « diacre permanent en pastorale », ce qui montre que le titre peut être complété par la mention du type de mission. Dans tous ces cas, une constante demeure : le cœur du vocabulaire reste le mot « diacre », décliné en « diacre permanent », « Monsieur le diacre », « diacre [prénom] », selon le degré de solennité et la proximité relationnelle.