
Avant d’ouvrir une Bible catholique, il est utile de savoir exactement quels livres la composent, comment ils sont classés et pourquoi la tradition en retient 73. La question du canon biblique n’est pas seulement académique : elle engage la foi, la liturgie, la catéchèse et même votre manière de lire chaque page. Comprendre la structure de l’Ancien et du Nouveau Testament, les différences entre canons catholique, protestant et orthodoxe, ou encore le rôle spécifique des livres dits deutérocanoniques, permet de situer chaque texte dans une histoire longue de plusieurs siècles. Vous disposez alors d’une carte précise pour naviguer, livre après livre, au cœur de ce monument spirituel et culturel qu’est la Bible.
Canon biblique catholique : définition des 73 livres de la bible et fondements doctrinaux du canon de trente
Le canon biblique catholique désigne la liste normative des 73 livres reconnus comme inspirés par Dieu et recevables pour la foi et la morale. Ce canon long comprend 46 livres pour l’Ancien Testament et 27 pour le Nouveau Testament. Depuis le concile de Trente (1546), l’Église catholique a défini de manière solennelle cette liste, en réponse aux contestations modernes sur certains écrits vétérotestamentaires. Le canon de Trente ne crée pas un nouveau corpus : il entérine une tradition déjà reçue dans la liturgie, la catéchèse et la vie des Pères de l’Église depuis les premiers siècles.
La doctrine catholique considère que ces 73 livres, et eux seuls, sont inspirés au sens strict : Dieu en est l’auteur principal, et les auteurs humains de véritables instruments libres. Le concile Vatican II a rappelé que l’inspiration biblique n’abolit pas les genres littéraires, les contextes historiques ou la diversité des styles, mais qu’elle garantit la vérité salvifique de l’Écriture. Pour vous, cela signifie qu’en lisant Genèse, les Psaumes, les Évangiles ou l’Apocalypse, vous vous situez dans un même ensemble cohérent, voulu comme un tout par la tradition catholique.
La notion de canon biblique ne se réduit pas à une liste abstraite : elle exprime la reconnaissance, par l’Église, d’écrits reçus, proclamés et médités comme Parole de Dieu au long des siècles.
Classification majeure des 73 livres de la bible : ancien testament et nouveau testament dans la tradition catholique
Répartition chiffrée des 46 livres de l’ancien testament et des 27 livres du nouveau testament
Dans la tradition catholique, la Bible se compose de 46 livres de l’Ancien Testament et de 27 livres du Nouveau Testament. L’Ancien Testament rassemble les écrits antérieurs au Christ, issus principalement de la tradition d’Israël : Torah, prophètes, sagesse, livres historiques. Le Nouveau Testament réunit les textes apostoliques témoignant directement de la vie de Jésus, de sa mort et de sa résurrection, ainsi que de la naissance de l’Église. Cette répartition n’est pas arbitraire : elle reflète deux grandes étapes de l’histoire du salut, avant et après l’Incarnation.
| Partie | Nombre de livres | Période couverte (approx.) |
|---|---|---|
| Ancien Testament | 46 | XVe s. av. J.-C. – IIe s. av. J.-C. |
| Nouveau Testament | 27 | Ier s. apr. J.-C. |
| Total canon catholique | 73 | Ensemble de l’histoire biblique |
Pour un lecteur moderne, cette répartition peut servir de guide de lecture progressive : commencer par les Évangiles et les Psaumes, puis élargir vers la Torah ou les lettres de Paul, aide à entrer dans l’unité du canon sans se perdre dans la masse des textes.
Différence de canon entre bible catholique, bible protestante et bible orthodoxe (texte massorétique, septante, deutérocanoniques)
La Bible catholique ne coïncide pas exactement avec la Bible protestante ni avec les différentes Bibles orthodoxes. Les Églises issues de la Réforme retiennent un canon de 66 livres : elles excluent sept livres de l’Ancien Testament (Tobie, Judith, Sagesse, Siracide, Baruch, 1 et 2 Maccabées) ainsi que des ajouts grecs à Esther et Daniel, en suivant davantage le texte massorétique hébreu stabilisé entre le IXe et le Xe siècle. Les Églises catholiques et orthodoxes, au contraire, s’appuient largement sur la Septante, traduction grecque juive du IIe siècle av. J.-C., qui inclut ces livres supplémentaires.
Les Bibles orthodoxes comportent parfois encore plus de livres (par exemple 3 Maccabées, Psaume 151 ou 1 Esdras) selon les traditions locales. Cette variation ne remet pas en cause le noyau commun (les 39 livres hébraïques et les 27 du Nouveau Testament), mais elle explique pourquoi vous pouvez trouver, selon l’édition, un nombre de livres légèrement différent. La connaissance de ces différences de canon aide à mieux dialoguer entre traditions chrétiennes et à situer la spécificité du canon catholique.
Notion de canon long et canon court : critères de canonicité, réception ecclésiale et usage liturgique
Le canon catholique est souvent qualifié de canon long par rapport au canon court protestant. Cette distinction vient principalement de la présence, côté catholique, des livres deutérocanoniques. Mais qu’est-ce qui fait qu’un livre est retenu ou non dans le canon ? Historiquement, plusieurs critères ont été utilisés : conformité à la foi reçue (règle de foi), usage constant dans la liturgie et la catéchèse, ancienneté de la réception dans les Églises, lien avec l’apostolicité pour le Nouveau Testament.
Un livre est reconnu comme canonique lorsqu’il a été prié, proclamé et médité au cœur de la communauté croyante, et non parce qu’une commission moderne lui aurait attribué un statut a posteriori.
La réception ecclésiale, appuyée sur l’usage liturgique, joue donc un rôle clé. Les livres lus systématiquement dans l’assemblée, utilisés pour la prédication et cités par les Pères, ont progressivement été distingués d’autres écrits estimables mais non reçus comme norme de la foi. Là encore, le concile de Trente vient sceller une longue maturation plutôt que lancer une innovation soudaine.
Rôle de la vulgate de saint jérôme et des éditions critiques modernes (Nestle-Aland, biblia hebraica stuttgartensia)
La Vulgate de saint Jérôme, traduction latine réalisée entre la fin du IVe et le début du Ve siècle, a longtemps constitué la référence officielle en Occident. Elle a fixé l’ordre et la forme de nombreux livres, servira de base aux traductions médiévales et influencera fortement la théologie occidentale. Le concile de Trente la déclare « authentique » pour l’usage liturgique, sans exclure l’étude des langues originales. Aujourd’hui, les éditions liturgiques catholiques ne dépendent plus d’une seule version latine, mais s’appuient directement sur les textes originaux hébreux, araméens et grecs.
Les exégètes travaillent désormais sur des éditions critiques comme la Biblia Hebraica Stuttgartensia (pour l’Ancien Testament) et le Nestle-Aland (pour le Nouveau Testament), qui comparent des milliers de manuscrits et variantes. Cette démarche scientifique ne remet pas en cause le canon, mais vise à reconstruire au mieux le texte ancien. Pour vous, lecteur, cela garantit que la « Bible de chevet » repose sur un travail philologique extrêmement rigoureux, actualisé au fil des découvertes (par exemple après les manuscrits de Qumrân ou de nouvelles papyrologie grecque).
Liste détaillée des 46 livres de l’ancien testament et classification par corpus littéraires
Pentateuque ou torah : genèse, exode, lévitique, nombres, deutéronome et structure narrative-législative
Le Pentateuque (ou Torah) constitue le cœur de l’Ancien Testament. Il rassemble cinq livres traditionnellement attribués à Moïse : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome. La Genèse (50 chapitres) présente les origines du monde, de l’humanité et du peuple d’Israël, depuis la création jusqu’à Abraham, puis les patriarches, pour se terminer avec Joseph en Égypte. L’Exode (40 chapitres) relate la libération d’Israël de l’esclavage en Égypte, le passage de la mer, l’alliance du Sinaï et le don de la Loi.
Le Lévitique (27 chapitres) concentre les prescriptions cultuelles, les lois de pureté et les règles sacerdotales, révélant une théologie de la sainteté : Israël est appelé à refléter la sainteté de son Dieu. Les Nombres (36 chapitres) racontent les 40 ans d’errance au désert, marqués par les infidélités, les jugements mais aussi par la fidélité divine. Le Deutéronome (34 chapitres) présente un long discours d’adieu de Moïse, qui récapitule la Loi et l’adapte à l’entrée dans le pays promis. Cette structure alternant récits et lois fait du Pentateuque une charte fondatrice, à la fois historique et législative.
Livres historiques : de josué aux maccabées, formation d’israël, monarchie, exil et période hasmonéenne
Les livres historiques poursuivent le récit après la mort de Moïse. Josué décrit la conquête de Canaan et le partage du pays entre les tribus. Juges évoque une période de cycles : infidélité, oppression, appel, intervention de juges-charismatiques. Ruth, court récit situé à l’époque des juges, montre l’intégration d’une étrangère dans le peuple de Dieu et sa place dans la généalogie de David. Les deux livres de Samuel relatent l’instauration de la monarchie, le règne de Saül puis de David (vers 1050–970 av. J.-C.).
Les deux livres des Rois couvrent la succession de Salomon, la division du royaume (Juda/Israël), la chute du royaume du Nord (722 av. J.-C.) puis celle de Juda (586 av. J.-C.). Les Chroniques reprennent cette histoire sous un angle plus théologique, insistant sur le temple et le culte. Esdras et Néhémie se situent après l’édit de Cyrus (538 av. J.-C.) et décrivent le retour d’exil, la reconstruction du temple puis de la muraille de Jérusalem. Dans le canon catholique, Tobie, Judith, Esther (avec ajouts grecs), 1 et 2 Maccabées complètent ce corpus, en évoquant la piété familiale, la délivrance d’Israël et la lutte pour la fidélité à la Loi à l’époque hasmonéenne (IIe s. av. J.-C.).
Livres sapientiaux et poétiques : job, psaumes, proverbes, qohélet, cantique des cantiques, sagesse, siracide
Les livres de sagesse interrogent l’expérience humaine à la lumière de Dieu. Job (42 chapitres) pose avec force la question de la souffrance du juste, à travers le récit d’un homme éprouvé au-delà de tout, mais qui crie encore vers Dieu. Les Psaumes (150 cantiques) constituent le grand livre de prière d’Israël : louanges, supplications, actions de grâce, lamentations. Proverbes rassemble des maximes de sagesse pratique, liées à la vie quotidienne, aux relations, à la droiture morale.
Qohélet (Ecclésiaste) médite sur le sens de la vie, la vanité des réalités terrestres et la nécessité de craindre Dieu dans un monde changeant. Cantique des Cantiques est un poème d’amour vif et poétique, souvent lu comme allégorie de l’amour de Dieu pour son peuple. Les livres deutérocanoniques de la Sagesse et du Siracide (Ecclésiastique) complètent cet ensemble : le premier insiste sur l’immortalité et la justice divine, le second propose une sagesse enracinée dans la Loi, destinée à guider le disciple dans toutes les dimensions de l’existence.
Grands prophètes : isaïe, jérémie, lamentations, baruch, ézéchiel, daniel et contextes exiliques
Les « grands prophètes » sont ainsi nommés en raison de la longueur de leurs livres. Isaïe (66 chapitres) couvre plusieurs périodes, annonce à la fois le jugement (exil) et la consolation (retour), et contient des oracles célèbres sur l’Emmanuel et le Serviteur souffrant. Jérémie (52 chapitres) prophétise à l’approche de la chute de Jérusalem, avec un ton souvent dramatique et personnel. Les Lamentations (5 poèmes) pleurent la destruction de la ville sainte en 586 av. J.-C.
Baruch, deutérocanonique, prolonge la perspective de Jérémie avec des prières pénitentielles et des méditations sur la sagesse. Ézéchiel (48 chapitres), prophète de l’exil babylonien, offre des visions puissantes (char de gloire, ossements desséchés) et une annonce d’un nouveau temple. Daniel combine récits exemplaires (fournaise, fosse aux lions) et visions apocalyptiques portant sur les empires et le Royaume de Dieu. Ce corpus prophétique, très marqué par les contextes préexiliques et exiliques, éclaire la crise la plus profonde de l’histoire d’Israël et nourrit une théologie de l’espérance.
Douze petits prophètes : d’osée à malachie, annonce du jour du seigneur et théologie de l’alliance
Les douze « petits prophètes » forment un seul rouleau dans la tradition hébraïque, mais douze livres dans la Bible catholique : Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habakuk, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie. Leur appellation « petits » tient à la brièveté des textes, non à l’importance du message. Osée illustre l’infidélité d’Israël par une image conjugale saisissante. Amos dénonce l’injustice sociale dans un contexte de prospérité trompeuse. Jonas raconte la mission paradoxale d’un prophète envoyé à des ennemis (Ninive).
Les autres prophètes annoncent, chacun dans son contexte, le « Jour du Seigneur », jour de jugement mais aussi de salut pour le « reste » fidèle. Aggée et Zacharie encouragent la reconstruction du temple après l’exil. Malachie clôt l’Ancien Testament en appelant à une conversion sincère, dans une liturgie parfois devenue routinière. À travers ces douze voix, se dessine une théologie de l’Alliance : Dieu reste fidèle, mais attend de son peuple justice, miséricorde et fidélité concrète.
Livres deutérocanoniques : liste complète, statuts spécifiques et différences avec les apocryphes
Identification des deutérocanoniques de l’ancien testament : tobie, judith, sagesse, siracide, baruch, 1 et 2 maccabées, ajouts à daniel et esther
Les livres deutérocanoniques sont des écrits de l’Ancien Testament reçus comme canoniques par l’Église catholique, mais absents du canon hébreu et protestant. Il s’agit de Tobie, Judith, Sagesse, Siracide (Ecclésiastique), Baruch, 1 et 2 Maccabées, ainsi que des passages grecs d’Esther et de Daniel (Suzanne, Bel et le Dragon, Cantique des trois enfants). Ces livres sont présents dans la Septante et utilisés très tôt par les chrétiens de langue grecque.
Leur statut de deuxièmes dans l’ordre de la réception (et non en dignité) explique l’expression « deutérocanonique ». Ils développent des thèmes importants : providence divine dans les épreuves (Tobie, Judith), sagesse et immortalité (Sagesse), piété familiale et sociale (Siracide), prière et pénitence (Baruch), résistance à l’oppression religieuse (Maccabées). Leur connaissance enrichit considérablement la compréhension de la spiritualité juive à la veille du christianisme et de certains arrière-plans du Nouveau Testament.
Usage liturgique des deutérocanoniques dans le lectionnaire catholique (messe, liturgie des heures)
Dans la liturgie catholique, les deutérocanoniques ne sont pas traités comme des annexes facultatives. Le lectionnaire de la messe dominicale et quotidienne puise largement dans Sagesse, Siracide ou Maccabées, par exemple pour les messes des défunts, la Toussaint ou les temps de pénitence. La Liturgie des Heures intègre également des passages de ces livres dans les lectures patristiques et bibliques. Un simple relevé statistique des péricopes montre que ces textes apparaissent plusieurs dizaines de fois au cours du cycle triennal.
Pour vous, lecteur catholique, cela signifie qu’une familiarité avec les deutérocanoniques éclaire directement la prière liturgique. Quand un texte de Sagesse parle de l’âme juste entre les mains de Dieu, ou qu’un passage de Maccabées évoque la résurrection, il s’agit de points de doctrine majeurs, pas de curiosités marginales. Sur le plan spirituel, ces livres offrent souvent un langage de confiance en Dieu au cœur de la persécution ou de la mort, particulièrement actuel.
Arguments historiques et patristiques en faveur des deutérocanoniques (irénée de lyon, augustin, conciles d’hippone et de carthage)
Pourquoi l’Église catholique maintient-elle le statut canonique des deutérocanoniques malgré les réserves de certains, dès l’Antiquité ? Les arguments sont d’abord historiques. Plusieurs Pères de l’Église, en particulier en Occident et en Afrique du Nord, les citent comme Écriture : Irénée, Cyprien, Augustin. Les conciles locaux d’Hippone (393) et de Carthage (397, 419) dressent des listes de livres bibliques où figurent explicitement Tobie, Judith, Sagesse, Siracide, Baruch et les Maccabées.
La continuité d’usage, de citation et de réception des deutérocanoniques dans la grande tradition occidentale constitue un argument majeur en leur faveur.
Sur le plan doctrinal, ces livres confirment des éléments centraux de la foi catholique : prière pour les défunts et espérance de résurrection (2 Maccabées), justice universelle de Dieu et immortalité de l’âme (Sagesse). Un lecteur d’aujourd’hui y trouve des intuitions théologiques qui annoncent déjà certains développements du Nouveau Testament, par exemple dans la compréhension du martyre ou de la sagesse divine.
Distinction deutérocanoniques / apocryphes : évangile de thomas, livre d’hénoch, pastor d’hermas
Il est essentiel de distinguer deutérocanoniques et apocryphes. Les apocryphes sont des écrits anciens, parfois très édifiants, mais non reçus comme inspirés par l’ensemble de l’Église. Dans le Nouveau Testament, on peut citer l’Évangile de Thomas, l’Évangile de Pierre, le Protévangile de Jacques ; pour l’Ancien Testament, le Livre d’Hénoch, les Jubilés, etc. Certains ont été très estimés dans certains milieux (par exemple le Pastor d’Hermas à Rome au IIe siècle), mais n’ont jamais intégré la liste officielle des livres bibliques.
Les deutérocanoniques, à l’inverse, sont inclus dans le canon catholique et considérés comme Écriture au sens plein. Ils se lisent avec la même autorité que Genèse ou Romains. Pour un lecteur qui découvre ces distinctions, l’enjeu est double : profiter de la richesse des écrits scripturaires reconnus et, en même temps, lire les apocryphes avec discernement critique, comme des témoins intéressants mais non normatifs de la foi ancienne.
Classification des 27 livres du nouveau testament : évangiles, actes, épîtres pauliniennes, épîtres catholiques et apocalypse
Quatre évangiles canoniques : matthieu, marc, luc, jean, sources synoptiques et tradition johannique
Le Nouveau Testament s’ouvre par les quatre Évangiles canoniques : Matthieu, Marc, Luc, Jean. Marc, le plus court, met particulièrement l’accent sur les actes de Jésus (miracles, exorcismes) et est souvent daté des années 60. Matthieu, adressé à des lecteurs d’origine juive, montre comment Jésus accomplit les Écritures : cinq grands discours structurent l’ensemble. Luc, médecin et compagnon de Paul, souligne la miséricorde et l’universalité du salut : pauvres, femmes, païens y reçoivent une attention particulière.
Jean, plus tardif (fin du Ier siècle), adopte un style théologique et contemplatif, avec de longs discours et des signes symboliques. Les trois premiers Évangiles sont dits « synoptiques » en raison de leur forte proximité de structure et de contenu, liée à des sources communes (traditions orales, collections de paroles). Jean présente une perspective complémentaire, approfondissant la christologie (Fils de Dieu, Verbe fait chair) et la dimension sacramentelle (eau, pain, lumière). Pour votre lecture, alterner synoptiques et Jean offre une vision équilibrée de la figure de Jésus.
Actes des apôtres : récit des origines de l’église, mission de pierre et voyages missionnaires de paul
Les Actes des Apôtres, deuxième volume de l’œuvre lucanienne, racontent les débuts de l’Église, de l’Ascension de Jésus jusqu’à la captivité de Paul à Rome (vers 60–62). Le livre décrit la Pentecôte, le témoignage des apôtres à Jérusalem, puis l’extension progressive de l’Évangile vers la Samarie, Antioche, l’Asie Mineure et enfin la capitale de l’Empire. Pierre occupe le premier plan dans les chapitres 1–12, puis Paul dans les chapitres 13–28.
Actes permet de comprendre concrètement comment la première génération chrétienne a interprété la mission reçue du Ressuscité. Le texte montre une Église en mouvement, affrontant persécutions, débats internes (concile de Jérusalem), questions culturelles (accueil des païens) et défis organisationnels. Pour un lecteur d’aujourd’hui, Actes offre un modèle d’évangélisation et de discernement communautaire, tout en fournissant le cadre historique de nombreuses lettres pauliniennes.
Épîtres de saint paul : corpus paulinien majeur (romains, corinthiens, galates, éphésiens, philippiens, colossiens, thessaloniciens)
Le corpus paulinien regroupe treize lettres attribuées à l’apôtre Paul. Parmi elles, un noyau majeur structure la théologie chrétienne. Romains (vers 57 apr. J.-C.) propose une synthèse magistrale sur la justification par la foi, la grâce et le rôle de la Loi. 1 et 2 Corinthiens abordent des problèmes concrets d’Église : divisions, morale, charismes, résurrection. Galates défend la liberté chrétienne contre l’imposition de la Loi mosaïque aux païens convertis.
Éphésiens et Colossiens, écrites en captivité, développent une vision haute du Christ, tête de l’Église, et décrivent les bénédictions spirituelles en lui. Philippiens, lettre chaleureuse, respire la joie dans l’épreuve. 1 et 2 Thessaloniciens, parmi les plus anciennes, répondent à des questions sur le retour du Seigneur et la persévérance dans la foi. Lire Paul est exigeant mais décisif : la plupart des grandes notions théologiques chrétiennes (grâce, foi, corps du Christ, justification) trouvent ici leur formulation fondatrice.
Épîtres pastorales et épîtres dites « catholiques » : timothée, tite, hébreux, jacques, pierre, jean, jude
Les épîtres pastorales (1–2 Timothée, Tite) s’adressent à des collaborateurs de Paul chargés de communautés : elles abordent l’organisation de l’Église, le discernement des responsables, la lutte contre les fausses doctrines. Elles offrent un éclairage précieux sur la structuration progressive du ministère pastoral. Hébreux, anonyme, expose la supériorité du Christ par rapport aux anges, à Moïse et au sacerdoce lévitique, en utilisant un langage sacrificiel et cultuel très élaboré.
Les sept épîtres « catholiques » (ou universelles) – Jacques, 1–2 Pierre, 1–2–3 Jean, Jude – s’adressent à un public large plutôt qu’à une communauté précise. Jacques insiste sur le lien entre foi et œuvres, Pierre encourage face à la persécution, les lettres johanniques luttent contre des hérésies niant l’humanité du Christ, Jude met en garde contre de faux docteurs. Ces écrits complètent la perspective paulinienne, en ancrant la foi dans des exigences morales concrètes et une vigilance doctrinale permanente.
Apocalypse de jean : structure symbolique, genre apocalyptique et réception dans la tradition catholique
L’Apocalypse de Jean, écrite vers la fin du Ier siècle, appartient au genre apocalyptique, riche en symboles, visions et images. Adressée à sept Églises d’Asie Mineure, elle veut soutenir la foi de communautés confrontées à la persécution et à la séduction de l’Empire. Le livre se déploie en une série de visions : lettres aux Églises, sceaux, trompettes, coupes, combat contre la Bête, chute de Babylone, victoire de l’Agneau, Jérusalem nouvelle.
La tradition catholique lit l’Apocalypse non comme un calendrier crypté de la fin du monde, mais comme une révélation du sens ultime de l’histoire : le Christ vainqueur, l’appel à la persévérance, l’espérance d’un ciel nouveau et d’une terre nouvelle. L’usage liturgique de certains passages (par exemple à la Toussaint) montre l’importance de cette perspective eschatologique pour la vie spirituelle. Une lecture guidée, respectueuse des symboles, permet à ce livre complexe de devenir une source de consolation plutôt que d’angoisse.
Organisation thématique et canonique : ordre des livres dans la bible de jérusalem, la TOB et la traduction liturgique
Les grandes éditions catholiques francophones – Bible de Jérusalem, Traduction Œcuménique de la Bible (TOB), Traduction liturgique – présentent toutes les 73 livres, mais avec de légères variations d’ordre interne, surtout dans l’Ancien Testament. La Bible de Jérusalem suit globalement la répartition en Pentateuque, historiques, sapientiaux, prophètes, tandis que la TOB prend parfois davantage en compte l’ordonnancement hébraïque (Torah, Prophètes, Écrits), en conservant néanmoins les deutérocanoniques dans des sections dédiées. La Traduction liturgique aligne son découpage sur les besoins du lectionnaire, facilitant le passage de la lecture personnelle à la liturgie.
Pour vous orienter, un conseil pratique consiste à repérer d’abord les grands blocs (Pentateuque, Prophètes, Sapientiaux, Évangiles, Lettres, Apocalypse), puis à noter la place des livres deutérocanoniques. Même si l’ordre varie légèrement, la liste des 73 livres reste identique dans les éditions catholiques de référence. Cette stabilité du canon, conjuguée à la diversité des présentations, offre une souplesse de parcours : lecture suivie, parcours thématiques (par exemple l’exil, la sagesse, la vie de Jésus), ou étude comparative des différentes traductions, toujours à l’intérieur du même cadre canonique reconnu par la tradition.